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AMORÇAGE VS SMALL CAP – LA COTE DES STRATÉGIES D’ENTRÉE DE MARCHÉ REMONTE

ActualitésCapital Croissance | 17 juillet 2026

L’un des mantras du moment sur les marchés privés est « small is beautiful ». Sans être absolument flamboyants, et même s’ils connaissent eux aussi leurs lots de questionnements, les segments de l’amorçage d’un côté et du capital-développement/LBO de l’autre présentent quelques analogies qui peuvent expliquer que les plateformes comme les LPs s’y intéressent et, pour certains, viennent s’y réfugier. Comparaison n’est certes pas toujours raison, mais permet tout de même d’éclairer certains mouvements qui pourraient être amenés à durer tant que les autres pans du marché restent grippés.

La course à la taille des fonds de private equity tourne incontestablement au ralenti. Grevée par les désillusions des LPs institutionnels face à un rythme de sorties apathique, elle est désormais pour beaucoup de GPs à ranger dans la catégorie des lointains souvenirs. Depuis déjà de nombreux mois, le seul fait de lever un montant identique à celui du millésime antérieur apparaît déjà comme une victoire. Certains GPs, partiellement insatisfaits du résultat de leur collecte, se risquent parfois à une légère réécriture de l’histoire en jouant sur la confusion entre la taille cible et le hard cap, et en faisant parfois fi des communications qu’ils avaient eux-mêmes validées en début de process, dans lesquelles les ambitions chiffrées apparaissaient noir sur blanc. En outre, sans doute échaudés par des espoirs affichés lors de la phase de pré-marketing ou des premières semaines de fundraising, dont ils ont vite compris qu’ils seraient inatteignables, beaucoup de GPs se montrent aujourd’hui prudents lorsqu’ils évoquent leurs futurs vintages. Tous, et les observateurs avec eux, ont également intégré la nouvelle donne selon laquelle la durée désormais standard pour lever un fonds est de l’ordre de deux ans et demi. Précisément, le dernier bilan annuel d’activité de France Invest et Grant Thornton fait état d’une durée de 23,6 mois entre le premier et le dernier closing d’un fonds closé en 2025. Elle était de 14 mois en 2021 et a même culminé à 25,2 mois au second semestre de l’année dernière.

Dans ce contexte général, qui ne doit évidemment pas faire oublier les quelques succès probants qui émergent, les positions des uns et des autres tendent à se figer. En étant souvent contraintes de limiter leurs ambitions, les équipes de relations LPs comme celles d’investissement ont moins de difficultés que par le passé à rester sur leur segment. Pendant les années d’euphorie, lorsque chaque fonds successeur dépassait en taille le millésime antérieur, certains GPs ont choisi de constituer des portefeuilles plus larges afin que leur ticket unitaire les maintiennent sur leur marché historique ; d’autres ont concédé des fourchettes cibles d’investissement plus étendues ; beaucoup proclamaient leur volonté de maintenir leur ticket initial à peu près stable et de conserver des réserves pour financer des build-up ultérieurs… tout cela a parfois donné lieu à autant de définitions de chaque segment que d’acteurs souhaitant s’y exposer, la palme revenant certainement au midmarket, dont les bornes ont été et restent relativement fluctuantes. Dans tous les cas, la règle non écrite mais partagée par tous voulait que l’ampleur des portefeuilles reste dans les limites du raisonnable pour préserver une taille d’équipe gérable et les economics du fonds. Ces deux points d’attention restent certainement valables dans l’environnement actuel, mais leur prise en compte demande probablement moins d’efforts et de contraintes, les fonds étant eux-mêmes bridés, plus ou moins volontairement, dans leur croissance.

« Il y a des synergies intéressantes en termes de veille de marché − des membres de nos équipes de buyout font d’ailleurs partie des comités d’investissement de Ternel −, d’anticipation des opportunités de cession des start-up du portefeuille, et de réseau », Éric Neuplanche, Capital Croissance

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